De manière bimensuelle, Diplomatis vous propose son Bull’ Géopo, un bulletin synthétique regroupant les principales informations qui se sont déroulées au sein des relations internationales, durant les deux semaines qui viennent de s’écouler.
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ToggleUn cessez-le-feu entre Israël et l'Iran, après un bombardement sur une base américaine.
La principale question, pour la République Islamique d’Iran, concernait la réponse à apporter aux frappes américaines sur les sites appartenant au programme nucléaire iranien.
Frappes à l’encontre des militaires américains stationnés au Moyen-Orient ? Fermeture du détroit d’Ormuz ? Visiblement, la première option fut retenue – même si, concernant la seconde, le Parlement iranien a voté en faveurs de sa fermeture. L’opération « Basharat al-Fath » (Annonce de la victoire) est lancée le 23 juin. La base américain al-Udeid, au Qatar, ainsi que des bases américaines en Irak, sont visées.
Aucun mort, ni blessé, n’est à déploré. L’Iran ayant prévu, en amont, Washington et Doha, des représailles – tous les missiles, en direction du Qatar sont interceptés, tandis que 6 missiles iraniens ont touché sol en Irak.
Cette volonté de ne pas aller vers l’escalade, pour Téhéran, peut avoir trouver une résonnance dans la déclaration de cessez-le-feu annoncé par Donald Trump, sur son réseau social.
Le 24 juin, ce cessez-le-feu – où Téhéran et Tel-Aviv devaient respecter, respectivement, un délais de 12 heures – devient effectif. La France, par le biais du Ministère des Affaires étrangères, considère que « seule une solution diplomatique peut apporter une réponse durable aux défis de sécurités posés par le programme nucléaire iranien ». Paris affirme que « l’Iran ne doit jamais détenir l’arme nucléaire ».
Pour l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AEIA), en la personne de Rafael Grossi le 30 juin, l’Iran pourrait reprendre l’enrichissement d’uranium dans une fourchette temporelle de quelques mois – malgré les bombardements américano-israéliens. Par ailleurs, Téhéran a suspendu sa collaboration avec l’agence onusienne, le 2 juillet, à la suite de la promulgation d’une loi, par le Président Pezeshkian, du Parlement du 25 juin.
Frappes russes massives en Ukraine et Entretiens téléphoniques internationaux pour Vladimir Poutine.
Pendant que les bombardements continuent en Ukraine – le 24 juin, une frappe russe a tué 19 personnes et 300 blessés dans la ville de Dnipropetrovsk; ou bien l’attaque massive russe, dans la nuit du 29 au 30 juin, avec 477 drones et 60 missiles -, le Président ukrainien Volodymyr Zelensky conclu un accord avec le Conseil de l’Europe pour la création d’un tribunal – signature effectué le 25 juin. En effet, le tribunal spécial pour le crime d’agression contre l’Ukraine sera une juridiction pénale internationale ad hoc. Il s’agit d’une première pour le Conseil de l’Europe – dont l’Ukraine fait partie, et où la Russie en est exclue depuis son invasion au détriment de la souveraineté territoriale de Kiev.
La France « se réjouit de cette avancée historique, qui marque la première étape du processus conduisant à la mise en place de cette nouvelle juridiction, institution essentielle pour rendre justice aux victimes de l’agression russe ».
L’isolement diplomatique de Vladimir Poutine, en dehors de ses soutiens au sein de l’Union européenne – Viktor Orban Premier ministre hongrois, et Robert Fico Premier ministre slovaque-, a pris fin le 1 juillet. Le Président français Emmanuel Macron s’est entretenu au téléphone avec son homologue russe. A l’occasion de cet échange, le locataire de l’Elysée a rappelé le soutien, de la France, à la souveraineté de l’Ukraine – notamment sur l’intégrité territoriale de cette dernière.
De plus, les deux Présidents ont trouvé un point de concorde, sur le fait que la crise relative au nucléaire iranien doit trouver une issue diplomatique.
Le Président américain Donald Trump s’est lui aussi entretenu au téléphone avec les deux chefs des Etats impliqués dans cette guerre. D’abord Vladimir Poutine, Donald Trump a admis ne pas avoir obtenu de résultat, pour un cessez-le-feu, à l’issu de leur entretien d’une heure – le Président russe affirmant que Moscou « ne renoncera pas à ses objectifs » en Ukraine.
Ensuite, avec Volodymyr Zelensky le 04 juillet, où visiblement les deux hommes se sont entendus sur le fait de renforcer la défense antiaérienne ukrainienne.
Une dissension entre l'exécutif et le Congrès américain sur les documents classifiés.
Le narratif de l’Administration Trump à l’épreuve de la Defense Intelligence Agency (DIA), une agence de renseignement du Pentagone. Dans un rapport initial succinct, la DIA remet en cause les annonces fracassantes du 47e Président des Etats-Unis. En effet, l’agence de renseignement avance que les frappes, menées à l’occasion de l’Opération « Midnight Hammer », n’auraient pas détruit les pièces maîtresses du programme iranien. De surcroit, le retard, causé par les bombardements américains, ne serait que de six mois.
Le fait que ce rapport de la DIA soit rendu public a provoqué l’ire de l’Administration en place. La Maison-Blanche aurait décidé de restreindre le partage d’informations classifiées avec le Congrès. Une partie de la branche législative des Etats-Unis s’est ouvertement opposée à cette décision. Au premier rang desquels, Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat. Ce dernier déclare que la Maison-Blanche devrait immédiatement annuler cette décision, et » Ils semblent ne pas vouloir que les faits soient révélés. Seule la version des faits de Trump, que nous savons souvent fausse, est acceptée ».
Pete Hegseth, le Secrétaire d’Etat à la Défense, a tenu une conférence de presse, le 26 juin, afin d’assurer le service après-vente de l’Opération « Midnight Hammer » – que Pete Hegseth qualifie « d’opération la plus complexe et la plus secrète de l’histoire militaire du pays ». Particulièrement véhément, il s’en est pris aux journalistes : « Vous êtes tellement contre Trump, vous ne voulez pas qu’il connaisse la réussite, vous êtes contre l’efficacité de ces frappes. C’est si difficile de dire que c’était une réussite ? »; en soulignant que, pour lui, Donald Trump a « mis un terme à la guerre ».
Sur le plan législatif, le locataire de la Maison-Blanche pourra se satisfaire de l’adoption, au Congrès, de sa « One Big Beautiful Bill Act ». En effet, d’abord adopté par le Sénat, le 01 juillet, la loi l’est également le 03 juillet.
Le texte prévoit, notamment, des baisses fiscales pour de nombreux ménages et entreprises américains, une baisse du Supplemental Nutrituion Assistance Program (SNAP) et Medicaid. Sur le plan de la hausse des dépenses, cela inclut principalement la défense et la lutte contre l’immigration – dont près de 59 milliards pour l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), avec l’objectif d’embaucher 10 000 personnes d’ici 2029.
Fermeture des frontières entre la Thaïlande et le Cambodge.
Les relations entre la Thaïlande et le Cambodge franchissent un nouveau cap – avec des décennies de discordes sur la frontière héritée de l’Indochine française. Depuis le début de l’année 2025, les tensions entre les deux Etats sont maximales à leurs frontières – avec comme point d’acmé, la mort d’un militaire cambodgien durant un échange de tirs, le 28 mai. Les jours suivants, l’armée cambodgienne achemine des l’artillerie lourde le long de ladite frontière.
Le 23 juin, la Thaïlande annonce la fermeture de plusieurs poste-frontière avec son voisin – les provinces sont concernées étant Surin, Buriram, Sri Sa Ket, Sa Kaeo, Chanthaburi et Trat. Dès lors, toutes personnes, nationale ou étrangères, ne peuvent passer par ces postes-frontières, sauf pour raisons médicales urgentes ou des étudiants.
Sur le plan économique, le Cambodge a annoncé l’arrêt des importations de gaz, de carburant, ainsi que de fruits et de légumes en provenance de Thaïlande. Un choix loin d’être anodin, Bangkok représentant près de 3,8 milliards de dollars d’importation pour le Cambodge – le carburant comptant pour 27% de ce total-, selon la Banque mondiale en 2022.
KURASZYK Dimitri

